photographie : André Lejarre / Le bar Floral

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Claude Baillargeon est un affichiste français autodidacte.
Il nait en 1949 à Verneuil-Sur-Havre et décède en 2016 à paris.

Durant la plus grande partie de son enfance, il vit auprès de sa grand mère dans une maison au milieu de la forêt. Il puise son imaginaire dans une enfance rurale et sauvage, dans un amour indéfectible pour les Arts et Traditions Populaires et dans la beauté de la nature, qu'il convoquera à loisir dans toute son œuvre.

Arrivé à Paris en 1968, il développe une série de recherches et d'œuvres cinétiques. La découverte du débat d'idées, du Bauhaus, des photomontages de John Heartfield ainsi que l'influence du Dadaïsme et du Surréalisme polonais, jalonnent le parcours qui le mènera vers l'affiche. Durant les années 80, il travaille avec Hector Catolica puis fait la connaissance des œuvres de Roman Cieslewicz, qui deviendra son ami. Ces amitiés artistiques contribuent à considérer la fonction politique de l'image et de l'affiche en particulier, l'un des supports d'expression le plus adéquat à la nécessité - voire à l'urgence - de s'engager artistiquement.

Il affine progressivement son style et sa technique, se spécialise dans le photomontage en noir et blanc, rehaussé à l'aérographe et au pinceau. À l'époque où l'ordinateur n'existe pas dans le monde de l'image, les matériaux de création sont exclusivement analogiques. Il développe ses prises de vues,  qu'il découpe et assemble dans des compositions mêlant réalisme et utopisme.

S'appuyant sur la pertinence des associations d'idées et jouant sur l'effet de surprise, il pousse au plus loin la maîtrise des effets spéciaux. Dans un monde désormais voué au tout numérique, il fait figure le l'un des derniers grands mohicans de l'ère analogique.

Proche des partis de gauche et du secteur associatif, il signe des affiches sociales et culturelles qui militent pour la paix, la fraternité, l'écologie... Préfigurant le désastre écologique et humain en cours, il dénonce les inégalités, le racisme, l'ultra-libéralisme, l'obsolescence programmée, l'uniformisation, l'asservissement de l'homme par le travail, la société de consommation. Il milite pour la paix, la fraternité, l'écologie et réalise également de nombreuses affiches de théâtre, de spectacles et de festivals.

"La constance de son engagement et la force de ses compositions sont évidentes. Il signe des chefs-d’œuvres telle que l'affiche La propagande sous Vichy où le maréchal Pétain s'invite dans une famille et s'empare littéralement de toutes les têtes. Souvent les images de Claude Baillargeon témoignent d'une époque désenchantée dont les rêves d'un monde meilleur sont écrasés sous le béton, la bagnole et la pollution" écrit Xavier de Jarcy dans le magasine Telerama.

Au début des années 90, cette intégrité sans faille finira par avoir raison de sa vie parisienne et de son atelier dont il est est expulsé .

Nostalgique de son enfance, il décide alors d'opérer un retour à la nature en allant vivree dans un corps de ferme emprunt d'histoire qu'il restaurera jusqu'à la fin de sa vie. Il  fabrique ses propres matériaux dans des fours qu'il construit à main nue, cultive son jardin entouré de ses nombreux amis, qui viennent lui rendre visite régulièrement.

En 1997, il présente à la librairie La Hune le livre "Tout Est Politique" qui regroupe vingt ans d'engagement dans le monde de  l'affiche.

Cette période, durant laquelle il enseigne aux Beaux-Arts de Rennes, est pétrie d'une démarche plus personnelle et poétique qui s'inspire encore d'avantage de la nature qui l'environne. Il continue parallèlement à répondre à des commandes qui se font plus rares du fait de son isolement.

En 2016, l'espace Niemeyer à Paris accueille une rétrospective à l'initiative des fondateurs du groupe Grapus dont Jean-Paul Bachollet et Alex Jordan auxquels s'associent Guillaume Lanneau et André Lejarre. Le parcours de l'exposition retrace 35 ans d'un engagement idéologique et artistique sans faille et consacre un graphiste reconnu comme l'un des plus grands affichiste de son temps.